| Thème : | J'ai aimé ! - Le Havre |
Si cela t'intéresse, Hervé Kempf sera à St Romain le 27 mars 2009. Plus d'informations sur http://www.ecochoix.free.fr. Le thème, "Pour sauver la planète, faut-il sortir du capitalisme ?" propose un autre point de vue, certainement plus "à gauche", mais cela peut être intéressant d'en débattre avec cet homme reconnu pour la qualité de son travail.
"Je lui ai dit une fois que, pour un élu local comme moi, il était parfois difficile de relayer son message. (...)"
Je comprends ce point de vue et votre préoccupation de ne pas faire du catastrophisme. C'est justement tout le challenge des élus de nos jours. Aussi je vous encourage à vous inspirer de l'expression "think global, act local". Même si l'expression en anglais dans le texte peut faire peur, il est encourageant de voir que des élus de proximité se posent des questions ambitieuses et sutout font des efforts pour en déduire des actsion concretes
Cher Monsieur Philippe,
Je suis singulièrement interpelé par votre avis sur le livre de JM Jancovici. La connaissance du sujet "énergie-climat" par JMJ ne fait nul doute et son sens des propos percutants également. Je comprends du reste également votre impression d'angoisse face au "que faire concrètement localement" au regard des perspectives énergétiques et climatiques. Tout n'est pas perdu car la transition environnementale est entre les mains des politiques.
Ingénieur de formation, je souhaite vous faire part de mon avis quant à la préminence de l'homme politique sur ces sujets pourtant techniques.
L'émoi et la réticence que peut ressentir l'homme (ou la femme) politique face au enjeux du climat sont naturels. L'élu local est certes au premier front: il se doit d'intéger d'abord la connaissance, puis de la traduire en langage intelligible pour encore définir des politiques publiques locales et enfin convaincre ses administrés. Les effets du changement climatiques sont par nature un sujet dérangeant dans la mesure où ils incitent à changer, ils incitent à une réforme en profondeur de notre mode de vie. Ecartelé entre l'emploi et l'environnement, souvent le court terme l'emporte si bien que les perspectives de long terme restent repoussées aux décisions ultérieures qui en deviendront encore plus difficiles.
Agir conre le changement climatique, c'est d'abord accepter les interliaisons qui régissent nos actions, ce que les initiés résument par "penser global, agir local". Mais c'est surtout accepter que le développement durable ne peut se résumer à faire du vert à tout prix contre l'économie notamment. Il faut je dirais "défossiliser notre économie". Il s'agit de transformer notre mode de production, de consommation et de gestion des déchets. De définir un autre mode d'interaction avec l'environnement sans sombrer dans les abîmes de la décroissance. La décroissance semble parfois le privilège que peuvent s'octroyer certains insouciants de la quête de développement légitime de la majorité.
Cette action s'inscrit dans la durée et il est certes délicat de l'expliquer lors de réunions publiques concrètes mais le premier postulat de la réussite passe par la pédagogie acharnée. C'est bien là que le politique a sa place, c'est là qu'il peut seul prendre le recul nécessaire pour arbitrer l'équilibre (incitations fiscales, aide à l'innovation, investissement dans la formation,etc) qui permet de conduire la transition sans compromettre les urgences de l'instant.
La communauté internationale s'est intéressé au climat après la recrudescence de catastrophes naturelles. Après le GIEC, la France soutient aujourd'hui utilement la question d'un "GIEC de la biodiversité".
L'homme politique a cette responsabilité de se placer au dessus de la mêlée des intérêts particuliers pour trouver l'équilibre. En ce sens, l'homme politique a un rôle noble à l'échelle nationale comme au niveau local. Si l'échelle nationale interagit avec les instances européennes et internationales, nul ne peut oublier que nos concitoyens agissent au plus près des territoires et c'est donc à l'élu local de prendre toute sa part à la nécessaire évolution des mentalités.
Alors oui, je comprends votre "angoisse" et partage votre envie de faire mais qu'y-a-t-il de plus motivant que de changer le monde...Qu'y a t-il de plus effervescent intellectuellement que d'imaginer le monde d'après ?
Un monde dans le quel le savoir-faire français a toute sa place. Plus que jamais, nous avons besoin de raison et d'audace.