Le 14 mars prochain, nous serons appelés à voter pour le premier tour des élections régionales. Sans hésiter et avec enthousiasme, je voterai pour la liste conduite par Bruno Lemaire.
Pourquoi ?
D’abord parce que c’est quelqu’un de bien. Je le connais depuis près de 20 ans, et j’ai toujours été frappé par sa grande intelligence, son impressionnante culture, son calme absolu, sa détermination très ferme, sa fidélité et sa loyauté jamais prises en défaut, toutes qualités qui ne sont pas si courantes dans le monde politique (et dans le monde tout court d’ailleurs). A 40 ans, il a déjà montré sa capacité à diriger le cabinet d’un premier ministre (excusez du peu) et à se faire remarquer au poste pourtant délicat de secrétaire d’Etat aux Affaires européennes. Voter pour Bruno Lemaire, c’est voter pour un homme estimable et compétent. Ce n’est pas rien !
J’observe d’ailleurs que ses qualités humaines sont reconnues. Tous les Havrais qui l’ont rencontré ont été favorablement impressionnés. C’est un signe important dans une campagne : notre candidat gagne à être connu. Je ne suis pas certain que tous les chefs de file des autres listes puissent en dire autant.
L’autre raison qui me motive, c’est la qualité des (nombreux) candidats Havrais que Bruno a placé sur sa liste. Avec eux, le Havre et son agglomération ont la certitude, si Bruno remporte la victoire, d’être représentés efficacement. Là non plus ce n’est pas rien : depuis trop longtemps le Conseil Régional privilégie d’autres objectifs que celui du développement de l’agglomération havraise. Sous couvert d’une gestion « équilibrée » des investissements en fonction des territoires, la majorité socialiste n’accompagne pas suffisamment l’extraordinaire dynamisme de notre territoire. Il est temps de revenir à un peu de bon sens !
Et puis il y a une troisième raison. C’est l’intérêt de notre région.
J’ai siégé pendant 4 ans au Conseil Régional, entre 2004 et 2008, dans l’opposition. Il y avait dans la majorité de l’époque des gens de qualité. Je n’ai aucun doute sur le fait que le président socialiste du conseil régional essaye de faire de son mieux. Mais quel est, au fond, le projet de cette majorité à ce point désunie qu’elle se présente en ordre dispersé devant les électeurs ? Relancer l’industrie en Haute Normandie : les communistes sont pour mais les verts sont contres, il n’y a qu’à constater leur opposition frontale sur la question du nucléaire, ou des aides aux entreprises. Développer les infrastructures : les socialistes sont pour (surtout dans l’agglomération rouennaise) mais les verts sont contres. En vérité, le seul ciment de cette majorité, c’est l’opposition au gouvernement. Ce n’est pas illégitime, mais cela ne peut pas constituer un projet.
Or sans réel projet, la région ne joue pas son rôle. La région pourrait être une force d’impulsion, une collectivité investissant pour préparer l’avenir de nos enfants. Avec un peu d’ambition, la Région pourrait peser à Paris, accompagner les communes dans leurs projets, préparer la Normandie au monde de demain plutôt que de regretter amèrement les résultats des élections nationales d’hier. Elle ne fait rien de cela aujourd’hui. Elle s’endort. Elle donne des leçons de gestion budgétaire en oubliant que ne pas investir est une des façons les plus tristement efficaces de ne pas préparer l’avenir.
Bruno Lemaire a un projet pour la Normandie. Plus encore, il sait comment faire du conseil régional l’instrument d’un nouveau départ pour notre région. C’est essentiel. Ce qui a fait le succès d’Antoine Rufenacht au Havre et ce qui a permis l’incroyable renaissance de notre ville depuis plus de dix ans, c’est la conjonction de deux éléments : un responsable politique doté d’une vision intelligente et ambitieuse du territoire dont il a la charge ; une collectivité territoriale habilement gérée pour porter ce projet. Quand je parle avec Bruno Lemaire de ce que nous pouvons faire pour notre Région, je retrouve les accents d’Antoine Rufenacht pour sa ville : même détermination, même tranquille assurance et même envie d’améliorer les choses.
Le 14 mars prochain, je voterai pour Bruno Lemaire.
Depuis quelques semaines, je multiplie les déjeuners ou les diners-débats consacrés au Grand Paris, ce projet qui doit permettre au Havre de devenir la façade maritime de Paris, ville à l’échelle du monde.
Lorsque j’évoque le sujet, je suis généralement confronté à deux types de réactions, parfois contradictoires : la surprise goguenarde et l’intérêt dubitatif.
Prétendre que Le Havre pourrait rivaliser, à moyen terme, avec les plus grands ports d’Europe qui sont 5 fois plus importants en terme de trafic, que l’avenir de Paris résiderait dans son ouverture sur le monde maritime et portuaire, que l’intérêt national commanderait un développement cohérent et rapide de l’axe Seine entre Paris et Le Havre provoque immanquablement des réactions interloquées. C’est vrai au Havre, où l’on n’ose y croire ; c’est vrai à Paris, où on ne connait que rarement l’importance des enjeux portuaires et du commerce maritime et où la mer se réduit bien souvent à la plaisance, aux pécheurs et au tourisme estival.
Et pourtant. Quand on prend le temps d’expliquer ce qu’il y a derrière cette idée, ce que la mise en œuvre d’un tel projet peut représenter aussi bien pour notre ville ou pour notre région que pour notre pays, l’intérêt amusé laisse rapidement la place à une ferme conviction.
De quoi s’agit-il ?
De l’idée simple selon laquelle toutes les agglomérations qui pèsent sur le cours du monde ont en commun de concentrer des lieux de décision politique, des centres d’affaires de première importance, une vie culturelle de premier rang et un accès au commerce mondial, qui, pour l’essentiel, est maritime. Londres, New York, Tokyo, Shangaï, Bombay demain répondent à cette description.
Bien sur il existe de très grandes villes qui ne disposent pas de débouché maritime : Mexico, Berlin, Moscou…
Mais ces villes, dans notre monde global à l’économie mondialisé, n’apparaissent pas comme des villes à l’échelle du monde. Elles constituent des pôles régionaux, souvent importants, sans toutefois pouvoir accéder au rang des capitales mondiales.
La question qui se pose, pour Paris et, plus généralement pour la France, c’est de savoir dans quelle division nous voulons jouer.
Pour Antoine Grumbach, qui a défendu cette idée dans le cadre de la consultation lancée par le Président de la République, le choix est simple : si Paris veut compter demain, si la France veut conserver une ville à l’échelle du monde, il faut regarder vers la mer et garantir une ouverture maritime au grand Paris. C’est ce qui a conduit le Président de la République à retenir le projet de Grumbach, à se prononcer en faveur de la construction d’une ligne ferroviaire à grande vitesse entre Paris et Le Havre et à s’engager en faveur d’une politique maritime française à la hauteur des enjeux.
Alors évidemment, tout cela ne se fera pas en deux jours. Les politiques publiques qui permettront de mettre en œuvre ce projet devront être mises en œuvre de façon cohérente pendant une génération. Elles devront être relayées par des collectivités territoriales qui ont à l’évidence tout à gagner à concourir à cette ambition. Déjà, et il faut s’en féliciter, les villes du Havre, de Rouen et de Paris ont marqué leur accord pour étudier ensemble les conditions dans lesquelles les premières étapes du projet pourraient être franchies.
Je suis totalement convaincu de l’intérêt de ce projet. Je suis également tout à fait conscient des difficultés nombreuses qu’il conviendra de surmonter pour atteindre l’objectif, mais la perspective, pour le Havre, d’accueillir sur son territoire de nouvelles entreprises liées au commerce maritime et de nouveaux habitants pour les faire vivre, de voir son trafic portuaire démultiplier, d’être relié en près d’une heure au quartier de la Défense et en 90 minutes à l’aéroport de Roissy commande d’avancer sans hésiter.
Pour ce faire, il faut expliquer le projet et faire adhérer les Havrais, les Normands et les Parisiens. Le rôle de Rouen est tout particulièrement important. Les intérêts de Rouen et du Havre sont communs. Nous avons tout à gagner à avancer ensemble.
Jeudi dernier, au cours d’un diner débat réunissant une soixantaine de chefs d’entreprises du secteur du bâtiment, dont une bonne moitié de Rouennais, j’ai constaté que le projet intriguait, qu’il séduisait dès lors qu’il était expliqué, et surtout que les Rouennais et les Havrais pouvaient se retrouver pour faire avancer ensemble l’intérêt de toute une région. Il est plus que temps, mais c’est bon signe !
Le conseil municipal qui se tenait lundi soir a été l’occasion, une fois de plus, d’évoquer les projets de fermeture d’école. Au début de la séance, des parents d’élèves de l’école Jean Macé ont pris place dans la salle du conseil, parfois entourés de leurs enfants, brandissant dans un calme remarquable (et remarqué) des pancartes indiquant leur opposition à la fermeture désormais annoncée de l’école primaire dans laquelle ceux-ci sont scolarisés.
Un mot d’abord pour dire que les parents d’élèves, fermement opposés au projet, se sont conduits avec une retenue et une dignité exemplaires qui contraste avec les hurlements et les jets d’œufs pratiqués par d’autres, il y a encore peu, avec la bénédiction tacite de certains membres de l’opposition municipale.
Pour l’opposition municipale, fermer une école est forcément mauvais. Cela conduit mécaniquement à éloigner les enfants et leurs parents du lieu de scolarité, à augmenter le nombre d’enfants par classes dans les écoles d’accueil, à supprimer des postes d’enseignants. Ces fermetures appauvriraient l’offre de service public, rendraient la ville moins accueillante aux jeunes couples et traduiraient une vision idéologique de l’école et du service public fondée sur la rationalité économique, l’opposition au monde enseignant et le primat à la gestion budgétaire ou patrimoniale au détriment de la pédagogie et des enfants.
Je ne suis pas d’accord avec cette vision des choses.
Je suis un fervent partisan de l’école laïque, publique et républicaine. J’y ai suivi toute ma scolarité. Mon père, ma mère et ma sœur ont été professeurs de français dans le public. Mon père ayant été principal de collège, j’ai littéralement passé mon enfance dans l’école, puisque j’ai habité dans les logements de fonction successifs mis à sa disposition dans les établissements dont il avait la charge. Je suis issu d’une famille pour laquelle le succès scolaire est essentiel, et si j’ai réussi à faire Sciences Po puis l’ENA, ce n’est pas en vertu des contacts ou des amitiés de mes parents mais parce que j’ai été élevé, depuis l’enfance, dans l’idée simple que l’Ecole publique est le meilleur moyen de promotion sociale, qu’en y travaillant beaucoup on peut s’élever, que l’élitisme républicain est une chance et non une tare dont il faudrait s’excuser.
Je le dis avec force parce qu’il y a quelque chose d’insupportable chez quelques uns des membres de l’opposition municipale à suggérer que, parce qu’on serait un élu de droite, on serait presque mécaniquement opposé à l’école et au monde enseignant.
Alors faut-il fermer l’Ecole Jean Macé ? Faut-il fermer des écoles ?
A ces deux questions, je réponds d’abord par une interrogation. Pourquoi pas ? Qu’est ce qui peut justifier qu’il serait interdit de prendre, à tout jamais, la décision de fermer une école ? On construit une école quand le besoin s’en fait sentir et quand les élèves à scolariser ne peuvent l’être dans les écoles existantes. Pourquoi faudrait-il une fois pour toute décider que la décision inverse serait nécessairement mauvaise ? Peut-on justifier que des écoles en ville soient maintenues lorsque le nombre d’élèves et de classes rendent aberrant le coût du service public et que les élèves peut être accueillis dans d’autres écoles situés à quelques centaines de mètres ou quelques minutes de marche?
Les chiffres sont simples : il y a au Havre 109 écoles élémentaires. 109 écoles pour 180 000 habitants. Il y en avait 112 lorsque le nombre d’habitants était supérieur à 220 000. Il y a 10 écoles primaires de plus au Havre qu’à Bordeaux (210 000 habitants) et 20 écoles de plus qu’à Rennes (200 000 habitants) !
Au-delà des chiffres globaux, chacun peut comprendre que dans certains quartiers, la population décroit (ou vieillit) et que dans d’autres, au contraire, elle s’accroit. C’est le cas au Havre, comme ailleurs. Pour s’adapter à ces évolutions, il ne me semble pas absurde de penser qu’il faille, lorsque cela est possible, fermer des écoles dont la nécessité n’est plus certaine (les enfants pouvant dans des conditions aussi satisfaisantes être accueillies dans des écoles voisines) pour en ouvrir d’autres qu’il est indispensable de construire. C’est la raison pour laquelle nous envisageons de construire trois nouvelles écoles primaires, dans les quartiers qui voient leur population augmenter (Eure-St Nicolas, le Grand Hameau et le centre ancien).
Alors évidemment reste la gêne occasionnée pour les enfants, qui peuvent parfois être accueillis dans une école (un peu) plus éloignée de chez eux, pour leurs parents, ou pour les enseignants qui ont leurs habitudes et une connaissance utile de l’environnement de l’école existante.
Une bonne gestion justifie t elle de passer outre cette gêne réelle ? Je le crois profondément. La République ne garantit pas au citoyen une école au bas de chez soi. Elle garantit un droit à la scolarité dans une école publique. Et au Havre (comme dans toutes les villes de France d’ailleurs), les enfants peuvent être scolarisés près de chez eux, dans des écoles dans l’ensemble bien entretenues où des maitres et des maitresses font de leur mieux pour transmettre le savoir et élever les âmes.
Fermer une école n’est jamais agréable. Mais s’y opposer en prétendant que l’Ecole serait à ce point importante qu’elle devrait ne jamais être concernée par des considérations de bonne gestion est absurde : c’est parce que le système scolaire est essentiel pour notre République qu’il doit être géré avec rigueur. Et ce qui est vrai pour l’école, l’est tout autant pour la santé, pour la justice, pour l’ordre public ou pour la défense.
Et ce qu’il y a de désespérant pour les amoureux de l’école publique, au nombre duquel je me compte, c’est qu’en transformant un débat local (le projet de fermeture d’une école en particulier), qui appelle des réponses pragmatiques (les élèves peuvent ils être accueillis dans des conditions satisfaisantes dans les écoles voisines) en un débat général sur une prétendue idéologie de destruction du service public (!), l’opposition municipale laisse à penser qu’en matière d’éducation on pourrait (miracle) raser gratis et ne pas compter, ou bien que gérer l’argent public avec rigueur serait une erreur.
Ce faisant l’opposition municipale a choisi le registre d’une démagogie hypocrite en feignant de proposer une « autre politique » alors qu’elle se borne à souffler sur les braises. Le débat sur l’école, sur ses moyens, sur les ambitions qu’on lui assigne, sur son rôle dans notre société mérite mieux !